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10/09/2007

«Cette défaite me met en colère»

Cette défaite face aux Pumas me met en colère. L’équipe de France n’a pas le droit de gâcher une si belle fête. Le scénario n’a pas été celui qu’on espérait car on n’a jamais imaginé perdre. On a eu un excès de confiance. En 1999, on avait nous aussi connu des débuts difficiles, face au Canada. La différence, c’est que même si on n’était pas bons, on gagnait les matchs. Et puis nous avions des bases, un vrai système de jeu. Ca ne semble pas être le cas cette année.
Sur le plan collectif, c’est le flou le plus total. Je me pose beaucoup de questions sur le plan de jeu des Bleus. On aurait dit qu’ils n’avaient qu’une seule corde à leur arc. Quand c’est la cinquième défaite en six matchs face à la même équipe, il faudrait peut-être songer à changer de stratégie. Contre l’Argentine, on a systématiquement cherché l’affrontement. Les Pumas, ça fait plusieurs mois qu’ils disent comment ils vont nous battre. On a bien vu que le plan A n’a pas fonctionné. Pourquoi n’avait-on pas de plan B, qui aurait consisté à jouer sur la largeur, à créer du jeu ?

Avec un peu de recul, je pense que les performances individuelles n’ont pas été si mauvaises face à l’Argentine. Mais je ne peux pas accepter qu’on remplace un capitaine (Raphaël Ibanez) quand le XV de France est dans la difficulté. Un cadre, on le sort éventuellement quand son équipe mène largement au score, pas quand elle perd. Et puis pourquoi on n’a pas incorporé du sang neuf plus tôt durant la rencontre ? Non, vraiment, ce coaching est une énorme incompréhension pour moi.

Et j’aimerais bien savoir qui bute dans cette équipe. David Skrela? Il donne tellement défensivement qu’il n’a plus l’énergie et la lucidité au moment de taper des pénalités. Frédéric Michalak? Il n’est plus buteur dans son équipe. Pour moi, Jean-Baptiste Elissalde et Lionel Beauxis sont des buteurs réguliers.

J’ai lu que les joueurs français avaient été tétanisés. Je veux bien le croire, mais certains ont quand même joué la finale du Mondial 2003 et ont fait de grosses tournées en Nouvelle-Zélande. Alors la pression… L’Australie, l’Afrique du Sud et les Blacks, eux, n’ont pas fait de détails. C’est branlée, point barre. L’équipe de France est favorite, non? Si elle ne le supporte pas, on n’a qu’à la déclasser.

Maintenant, il faut effacer l’échec, aller de l’avant et intéresser tout le monde. C’est là que le management de Bernard Laporte et de Jo Maso sera prépondérant. Les Namibiens, ils ne vont rien lâcher et vont jouer avec du cœur. Nous devrons respecter certains fondamentaux, à savoir avoir une énorme conquête et aller au combat. Il faudra rester humbles mais ne pas avoir peur de la Namibie. Sinon, on n’a rien à faire en Coupe du monde.

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07/09/2007

Les contestations seront sanctionnées

Ce match France-Argentine donnera le tempo en matière d'arbitrage. C'et l'Anglais Tonis Pretburg qui officiera. Il est très expérimenté, il a l'habitude des grands rendez-vous, des matchs à enjeux. Il sera chargé d'appliquer les consignes, notamment en matière de protestations. Durant ce Mondial, tout joueur ou entraîneur qui contestera une décision arbitrale sera sanctionné. Cela peut aller du simple avertissement verbal à l'exclusion temporaire. Cette gradation dans les sanctions, c'est ce qui protège l'arbitre. Ca lui donne aussi une certaine autorité. Culturellement, les arbitres de rugby sont respectés par les joueurs, qui communiquent beaucoup avec lui.

En cas de doute pour un essai, on aura recours à la vidéo. Un arbitre vidéo sera dans les tribunes ou en car-régie pour décortiquer une action ligitieuse et communiquera avec l'arbitre central via une oreillette. Cela fait près d'une dizaine d'années que la vidéo est utilisée. C'est un vrai progrès dans la mesure où cela apporte une unité et une transparence aux décisions qui sont prises durant un match. Dans un contexte où la moindre décision peut avoir de grosses conséquences économiques, cet outil apporte une vraie sérennité à l'arbitre. Dès la saison prochaine, la vidéo sera appliquée dans le Top 14. C'est une bonne nouvelle, à condition qu'elle soit utilisée avec parcimonie. Car il faut laisser un peu d'humanité à l'arbitrage.

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06/09/2007

«Serge Besten devra contrer Hernandez»

Juan Martin Hernandez à l'ouverture? Il a les qualités pour évoluer à ce poste et possède une classe incroyable. Stratégiquement, c'est même bien joué de donner un rôle clé à celui qui est considéré comme le meilleur joueur du monde. Dans cette configuration, Serge Betsen devra le contrer. Pour les rencontres face à la Géorgie et la Namibie, l'entraîneur des Pumas pourrait faire reculer Hernandez à l'arrière. Face à des équipes qui rendent beaucoup le ballon, ça lui permettrait de se mettre en évidence et d'améliorer sa condition physique.

La charnière argentine a des caractéristiques bien différentes de celle des Bleus. Hernandez a une jeu au pied énorme, capable de faire reculer la défense. Pichot, c'est un filou. Il va passer son temps à râler. Côté français, Mignoni est un n°9 régulier, qui ne tentera pas de coups de folies mais va respecter à la lettre les consignes de Bernard Laporte. David Skela est quant à lui intraitable en défense.

Mais pour moi, ce match d'ouverture se jouera devant. Si le pack des Pumas prend l'eau, les trois-quarts ne pourront pas s'exprimer. J'ai quand même l'impression que cette équipe argentine a atteint sa maturité, avec des joueurs qui évoluent au plus haut niveau depuis quatre ans. 

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05/09/2007

Le rugby professionnel en France: entre nostalgie et modernité

1. La professionnalisation du rugby ou la rhétorique du changement

 

S'il est une évidence assez largement partagée dans le monde du rugby, c'est bien celle d'une profonde mutation de celui-ci aussi bien aux plans national qu'international et en raison de son ouverture officielle au professionnalisme depuis 1995. Les termes qualifiant ces transformations ne trompent pas sur l'ampleur du phénomène : bouleversement et révolution attestent la fin d'un rugby amateur devenu désuet et marquent l'entrée dans une ère nouvelle composée d'échanges et de relations à la fois sportives et marchandes largement mondialisées. Ainsi à l'occasion de la coupe du monde 2003, le journaliste, Richard Escot dressait pour L'Equipe Magazine un bilan couvrant les cinq éditions de l'épreuve depuis 1987 en ces termes : «Au début était la mondialisation puis vint la commercialisation, la professionnalisation, et la préparation scientifique» (1). Dans le même temps, Frédéric Thérin, journaliste au Monde soulignait quant à lui que «L'organisation [de la coupe du monde de rugby 2003] a été gérée comme une entreprise» (2).

A l'échelle nationale enfin, les journalistes Jean-Pierre Dorian et Thierry Magnol livrent une radioscopie éloquente du rugby français dans un ouvrage intitulé L'argent secret du rugby et dont la quatrième de couverture annonce l'ambition des auteurs : «Comment ce sport, réputé pour son immobilisme, son snobisme, mais aussi pour sa générosité, ses extravagances, son anticonformisme et ses troisièmes mi-temps, parvient-il à rentrer dans la norme imposée par les lois de l'économie et du business?» (3)

«Rugby d'avant»/«Rugby d'après», une distinction restrictive

Amateur avant 1995, devenu professionnel par la suite, le rugby a considérablement changé, soit. Pourtant, focaliser les observations sur les transformations les plus manifestes conduit à ne lire et ne comprendre le rugby qu'à travers la notion de changement, érigée pour la circonstance en véritable rhétorique capable d'expliquer à elle seule tout ce qui s'y passe et tout ce qui s'y joue. Faire de la professionnalisation la clé de toutes les évolutions à partir de la saison 1995 incite à penser le jeu en termes de «rugby d’avant» et «rugby d’après». En France par exemple, le rugby serait traditionnel jusqu'en 1995 avec les qualités et les défauts propres à la notion, c'est-à-dire tout à la fois familial (le club comme communauté de référence), social (les dirigeants de club offrent des emplois aux joueurs) et festif (les fameuses troisièmes mi-temps) mais aussi paternaliste, immobile et en incapacité au sens littéral de s'adapter aux exigences économiques du moment comme le suggèrent les journalistes évoqués au-dessus.

Par contraste, l'après 1995 signerait l'ère de toutes les nouveautés, nouveaux dirigeants, nouveaux comportements, nouvelle donne économique, en bref l'ère de la modernité résolument engagée dans les affaires, professionnellement rationnelle mais peut-être aussi inhumaine et désincarnée. Selon le point de vue adopté par l'observateur, le couple d'opposition tradition/modernité peut verser soit vers la douce nostalgie d'une époque révolue et pourtant si riche au plan humain, soit vers la franche exaltation d'un rugby ouvertement tourné vers l'économie de marché et ayant mis un coup d'arrêt définitif aux rémunérations occultes et à l'hypocrisie latente des anciens. Si le rugby français a bien connu des changements structurels par la voie du professionnalisme, il convient cependant de s'interroger sur les raisons qui conduisent les observateurs à n'évoquer les choses quasi exclusivement que sous l'angle de la tradition et de la modernité car d’autres analyses sont possibles… 

 

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  (1) Richard Escot, "1987-2003, ce que le mondial a changé", L'Equipe Magazine, samedi 4 octobre 2003, n°115, pp. 46-54.
  (2) Frédéric Thérin, supplément au Monde du jeudi 9 octobre 2003, p. 3.
  (3) Jean-Pierre Dorian, Thierry Magnol, L'argent secret du rugby. Paris : Plon, 2003. 


En difficulté, le XV parlementaire doit s'adapter

«Si tous ces mecs sont députés, soit ils étaient tous profs de sport avant d'être élus, soit il y a musculation obligatoire avant chaque session au Parlement sud Africain!» Au terme d'une partie perdue 22 à 12 contre le XV parlementaire Sud Africain, l'amertume m'inspirait ce commentaire un rien de mauvaise foi, malgré tout. En effet, les XV parlementaires qui s'affrontent dans leur coupe du monde depuis une semaine sur les pelouses franciliennes (Clamart, Charlety, Colombes) ne sont pas exclusivement composés de parlementaires. Leurs collaborateurs ou les fonctionnaires des assemblées composent la colonne vertébrale des équipes. Et logiquement, quand se glissent au cœur du pack néo-zélandais deux ou trois fonctionnaires et costauds maoris ou que la ligne de trois quart sud-africaine dépasse à peine les trente ans de moyenne d'âge et affiche un deux ou profils franchement bodybuildés, vous pâlissez un peu.

Mais ne cherchons pas d'excuses, le XV parlementaire français s'est incliné à deux reprises en affichant de sérieuses lacunes en défense, et soyons honnêtes, l'essentiel des points concédés l'ont été au moment où notre équipe alignait un nombre important de parlementaires sur la pelouse. Il reste demain à affronter l'Argentine pour notre dernier match (venez nombreux à Colombes, au stade Yves-du-Manoir). Et là, outre la pression d'éviter fanny à domicile (trois matchs trois défaites), il ne faudrait pas qu'on porte la scoumoune au seul XV de France qui compte, celui qui s'alignera autour de Raphael Ibanez vendredi soir. Toutes les ressources sont donc mobilisées.

On se souvient d'ailleurs d'un talonneur anglais jugé «trop jeune» par les Français, et fraternellement abreuvé la veille du match par quelques gars de chez nous, solides au comptoir... Un talonneur sorti plus tard sur une chaise roulante, la conscience en berne et les entrailles si malades qu'il rata le coup d'envoi du lendemain. Le XV parlementaire français a su par le passé s'adapter quand il le fallait. Demain, il n'a plus le choix, il faudra gagner.

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04/09/2007

Maintenant, il faut oser

La liste des vingt-deux joueurs retenus face à l’Argentine ne me surprend
pas vraiment. Il y a une certaine logique par rapport à l’état de forme des
joueurs. Maintenant, il faut se lancer, il faut oser. On connaît la force
des Argentins. Ils ont un pack lourd et imposant. Bernard Laporte a fait son
équipe en fonction de l’adversaire, en mettant cinq avants sur le banc
susceptibles de relever le défi physique des Pumas. Sur ce match, cela
semble être la solution adéquate. Sur le long terme, il faudra sans doute
prendre davantage d’arrières pour garder une certaine émulation. On peut
quand même s’étonner que Frédéric Michalak et Sébastien Chabal ne soient pas
titulaires, alors qu’ils ont tout pour être les moteurs de l’équipe de
France.  


Maintenant, la grande question est de savoir comment Bernard Laporte et Jo
Maso vont manager ce groupe de trente joueurs. Soyons clairs: la
qualification se jouera face à l’Argentine et l’Irlande. La Namibie et la
Géorgie n’ont pas la prétention d’atteindre le niveau des Bleus. Ce sera
l’occasion de faire reposer certains cadres et d’entretenir une dynamique de
groupe. Si on ne fait pas jouer la concurrence à fond, on ne pourra pas
compter sur des remplaçants disponibles et totalement concernés.

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03/09/2007

Ça commence mal

Chers amis, vu de Vestiaires, vous savez, la pièce de théâtre sur le rugby que nous avons créée avec Nino d'Introna, l'agitation de ces derniers jours dans les villes concernées me parait bien tardive. Pour prendre l'exemple de Marseille, dont un reportage de france info de ce jour parle, en regrettant à quel point la visibilité du rugby est faible dans la ville et que même certains commerçants comparent avec la folie de la coupe du monde de football, je rappellerai pour mémoire que nous avons contacté les «représentants de l'organisation de cette coupe à Marseille» (notamment la chambre de commerce et ses représentants désignés) à la fin de l'année dernière et que l'organisation d'une représentation au théâtre de la Criée (qui était d'accord et qui participait même financièrement à cet accueil) a échoué pour...une affaire de 5.000 euros! On croit rêver! Et on se rendra compte que toutes les manifestations culturelles se résumeront en fait à des troisième mi-temps arrosées, à des sites de bodégas pour vanter la culture vinicole française, à des écrans géants et à quelques expositions... Quelle tristesse et quelle pauvreté d'imagination! Pour ces organisateurs, finalement, l'équation est la suivante : supporters = future viande saôule et abrutie. Je pourrai tenir le même discours pour les villes de Montpellier, de Toulouse et de Paris (A Charlety, ce qui est un comble).

Et l'on parle de culture-rugby, et les spots télé reviennent sans arrêts sur ses valeurs...

Et bien, messieurs qui décidez, (nous n'avons rencontré aucune femme lors de nos pourparlers), sachez qu'il y a aussi des supporters et des supportrices qui vont venir dans vos villes, qui auront envie d'aller au théâtre et qui ne trouveront pas grand chose (les saisons n'ont pas repris), alors que vous aviez un spectacle tout public, tout fait, et un peu plus élaboré que la simple mise en gobelets plastiques de pinte de bière... Mais peu être que votre culture à vous est à cette hauteur en fait....alors restez-y. Et merci à Lyon (1) de sauver l'honneur, voila une ville qui mérite d'être une capitale de la culture, elle sait diversifier ses propositions, et ceux qui viendront aux matches auront aussi le choix des sorties...

A bientôt,

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(1) Théâtre de la Croix Rousse, du 11 au 16 septembre

01/09/2007

Le rugby pour tous

20minutes.fr a constitué sa «dream team» de chroniqueurs, qui interviendront hebdomadairement sur ce blog, pour causer rugby avec sérieux et détachement, passion et amusement, sincèrement et librement.

Christophe Lamaison, dit «Titou», apportera son expérience d'ouvreur au pied magique et de héros de la Coupe du monde 1999, pour commenter le jeu et les joueurs du Mondial.

Mathieu Blin, talonneur au Stade Français et membre du comité directeur du syndicat des joueurs Provale, nous gratifiera de ses commentaires sans langue de bois, ceux d'un homme engagé et soucieux de l'évolution de son sport.

Benoît Hamon, eurodéputé socialiste passionné de rugby et membre du XV de France parlementaire, donnera ses impressions sur une compétition qu'il entend suivre le plus assidûment possible, malgré les contraintes politiques.

Michel Belletante, metteur en scène de théâtre, racontera le point de vue d'un artiste en tournée à travers la France, avec sa pièce «Vestiaires», sur les coulisses du rugby.

Joël Dumé, ancien arbitre international reconnu comme l'un des meilleurs juges du rugby au monde, fera un point régulier sur les évolutions des règles et du jeu durant la compétition.

Sébastien Fleuriel, sociologue au CERAPS de Lille II, reviendra sur ses travaux de recherche, à propos de la professionalisation du rugby et de ses conséquences. 

 
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