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22/10/2007

«On a les moyens pour relever la tête»

Ce match face à l’Argentine, c’était l’occasion pour les joueurs français de se faire plaisir. Durant le premier quart d’heure, on vu beaucoup d’intention et de conviction dans leur jeu. Finalement, ce fut un vrai fiasco. Certes, l’Argentine a fait preuve d’un énorme volume de jeu. Mais les Bleus ont été rattrapés par leurs vieux démons. Cette fin de Coupe du monde est totalement pitoyable. L’équipe de France a fonctionné comme une sélection: les Toulousains voulaient pratiqué un certain jeu, les Parisiens un autre, etc. Cette dernière défaite face aux Pumas a mis en lumière le manque de cohésion et  de cohérence. Dans ces conditions, je me demande encore à quoi ont servi les trois mois de préparation.

Ce Mondial est un échec sportif. C’est même un fiasco. D’abord parce que le XV de France n’a terminé que quatrième. Ensuite parce que notre rugby national n’a affiché aucune identité. Enfin parce que le management de l’encadrement (pas d’équipe-type, pas de joueurs évoluant à leur poste) a été catastrophique.

Sur le plan des retombées, le bilan est en revanche très positif. L’organisation a été très réussie. Il y a eu une vraie ferveur populaire autour de cette Coupe du monde : certaines écoles de rugby ont déjà enregistré près de 50% d’inscriptions supplémentaires. Et les joueurs se sont montrés irréprochables : aucun cas de dopage et un état d’esprit fidèle aux valeurs du rugby.

Si je devais retenir une image de cette compétition, c’est évidemment la victoire de la France face aux Blacks, à Cardiff. Cette Coupe du monde, ce fut une formidable aventure humaine. Des moments de tradition et de convivialité. Toutes les équipes m’ont enthousiasmé. Le Portugal, pour avoir marqué un essai face à la Nouvelle-Zélande. Les Samoa, les Fidji et le Tonga, pour avoir apporté de la bonne humeur et pour avoir pratiqué un rugby offensif. L’Angleterre pour avoir atteint la finale alors qu’elle était au fond du trou il y a encore quelques semaines. L’Argentine pour son mental à toute épreuve. L’Afrique du Sud pour son sacre. Les Boks ont dominé le rugby mondial ces quatre dernières années, ont gagné le Tri-Nations et ont lancé des jeunes joueurs comme Steyn.

L’équipe de France devra sans doute s’en inspirer pour être championne du monde en 2011.  Pour cela, il faut provoquer très vite un dialogue entre la Fédération et la Ligue. Il est important que tout le monde se retrouve rapidement autour d’une table afin de dégager un projet pour l’ensemble du rugby français. Je suis optimiste, car nous sommes une nation riche de l’ovalie, avec des infrastructures, de bons joueurs et de bons entraîneurs. On a tous les moyens pour relever la tête.


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18/10/2007

«J'espère que Laporte n'aura pas Alzheimer»

Quand il y a une défaite, on est plus à même d’analyser la déroute du XV de France. Quand tu mets bout à bout tous les détails, les joueurs peuvent nourrir des regrets. Indiscutablement, la Coupe du monde a été mal gérée par le staff. Il fallait des certitudes pour atteindre un bien-être collectif. Au lieu de cela, l’encadrement a imposé un turnover perpétuel.

Je tiens tout de même à préciser que je ne suis pas contre l’équipe de France. J’aurais vraiment voulu qu’elle soit championne du monde. On est en droit de se poser des questions. Et je cherche juste à expliquer pourquoi je ne suis pas d’accord avec le système mis en place.

Pour ce match face à l’Argentine, je pense que les joueurs sont vraiment motivés. Il s’agit d’abord d’une revanche par rapport au match d’ouverture et aux cinq défaites consécutives contre les Pumas. Ensuite parce qu’il y a une troisième place en jeu. La décrocher, ce serait un moyen de rendre hommage et de remercier le public, qui les a toujours soutenus. Enfin, pour les joueurs eux-mêmes, c’est l’occasion de se faire plaisir. Depuis le revers face à l’Angleterre, j’ai le sentiment que les joueurs ont pris les clés du camion. Maintenant, ils ont une chance de se faire plaisir individuellement et collectivement. Se faire plaisir, ce n’est pas taper des chandelles. C’est développer un rugby aéré, avec beaucoup de volume de jeu. S’ils parviennent à battre l’Argentine avec la manière, ce sera un joli pied de nez par rapport aux divergences internes concernant la stratégie choisie par l’encadrement.

Après cette Coupe du monde, il sera temps de penser à tracer un bilan. Il est important que tous les toutes les institutions françaises se mettent autour d’une table pour repenser et moderniser le rugby hexagonal. Cela ne concerne pas que le XV de France. Il s’agit de savoir si on veut conserver le jeu à la française, si le championnat de France est compatible avec cette stratégie, si on mise sur la formation des jeunes, de quels moyens on dispose, etc. Le rugby français arrive à un moment charnière. On avait la possiblité de réaliser quelque chose de grandiose. Mais ce n’est pas un échec total : on doit profiter de ce formidable engouement populaire pour développer le rugby français, qui a une identité et un patrimoine riches à défendre.

Quand il sera secrétaire d’Etat au ministère des Sports, j’espère que Bernard Laporte n’aura pas Alzheimer. J’espère qu’il n’oubliera pas de rendre au rugby tout ce que le rugby lui a apporté.

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15/10/2007

«Laporte a pêché durant les quatre dernières années»

Je ne comprends pourquoi en août dernier, on avait battu ces mêmes Anglais en envoyant du jeu. On les connaît bien. On sait qu’ils voulaient rivaliser devant, contester les rucks et mettre Wilkinson en situation de droper. En proposant un jeu défensif très réducteur, l’équipe de France a permis au XV de la Rose de dérouler.

Chez les Bleus, on n’a jamais vraiment senti une solidarité et un leader. Les deux finalistes, l’Angleterre et l’Afrique du Sud, ont une vie de groupe. Je ne l’ai pas senti dans le XV de France, où il manque clairement un esprit club. Je suis convaincu que la préparation a été bâclée. Vouloir jouer à trente, c’était une solution purement diplomatique. Mais dans une Coupe du monde, ça ne marche pas. Tous les autres demi-finalistes n’ont pas changé d’équipe d’un match à l’autre. Cela leur a permis une montée en puissance collective.

Bernard Laporte a pêché durant les quatre dernières années. Quand il trace son bilan, c’est catastrophique. Tu peux pas te targuer d’avoir éliminé les Blacks en quarts alors que l’objectif était d’être champions. Surtout avec un tel fond de jeu. Il aurait dû dégager une ossature il y a un an. Pas faire des expériences durant le Mondial. Pour moi, il y a eu une énorme faute de calendrier. Si tu veux faire jouer Traille à l’arrière, peut-être aurait-il fallu demander à son club de l’essayer à ce poste. On s’aperçoit que Chabal ne gagne sa sélection qu’au mois de juin, que Mignoni et Skrela ne la décrochent que durant le dernier Tournoi. Et le petit Beauxis, on le titularise à des moments décisifs sans lui avoir permis d’engranger plus d’expérience avant. Dans une compétition comme la Coupe du monde, ce genre de détails ne pardonnent pas.

Maintenant, on s’en prend aux joueurs. Et ça, je ne l’accepte pas. Prenez le cas de Beauxis : on va l’incriminer alors qu’il a respecté à la lettre les consignes de l’entraîneur. Quand je le vois taper des drops de 55 mètres, c’est uniquement le fruit de la stratégie de l’encadrement. Face à l’Argentine, vendredi prochain, j’espère que les joueurs vont enfin se faire plaisir en produisant du jeu. C’est à ce titre qu’ils parviendront à fidéliser les supporters.

La succession de Laporte? Il faut d’abord analyser ce qui n’a pas fonctionné pour ne plus avoir de regrets. Il faut avant tout déterminer un projet. Fabien Galthié et Philippe Saint-André ont pour eux le fait d’avoir connu le rugby professionnel. Guy Novès a toujours su s’entourer de compétences. Mais qui que ce soit, je souhaite que le nouvel entraîneur de l’équipe de France ait des convictions et un vrai projet de jeu. A l’image de Jean-Claude Skrela et de Pierre Villepreux qui, n’en déplaisent à certains, ont su aller au bout de leurs idées. Le renouveau du jeu de l’équipe de France passe avant tout par une association de compétences, avec un staff élargi, comme cela se pratique dans d’autres sélections nationales.

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12/10/2007

«Une demie pas forcément plus dure que le quart face aux Blacks»

Le choix de reconduire l’équipe victorieuse de la Nouvelle-Zélande me paraît logique. Il aurait été difficile d’expliquer à des joueurs ayant réalisé un exploit qu’ils vont devoir s’asseoir sur le banc ou en tribunes. Mais je regrette que les Bleus n’aient une équipe-type qu’au stade des demi-finales. On aurait dû la mettre en place avant. Mais ça, c’est parce que l’encadrement a abordé cette Coupe du monde sans certitudes...

L’Angleterre a elle aussi débuté ce Mondial avec plein de doutes. Elle a connu pas mal de remue-ménages, avec notamment un changement d’entraîneur en novembre dernier. Dans leur poule de la mort, ils n’ont pas fait la bonne pioche en termes de combat et d’agressivité. Mais la défaite face à l’Afrique du Sud (36-0) a été un mal pour un bien. Cela a permis aux Anglais de retrouver leurs valeurs de courage et de solidarité. Cela leur a également permis d’engranger un énorme capital confiance. L’Angleterre, c’est une qualité dans le jeu au pied et dans les phases de conquête.

Cette demi-finale ne sera pas forcément plus dure que le quart face aux Blacks. Mais ce sera une rencontre toute aussi intense. La fraîcheur physique et mentale feront la différence. Le XV de la Rose est très difficile à manœuvrer. Si on prend comme référence les deux victoires françaises du mois d’août, en matchs de préparation, on va droit dans le mur. Mais je crois en l’intelligence des anciens comme Raphaël (Ibañez) ou Fabien (Pelous) pour ne pas tomber dans ce piège.

Je ne vois pas le pack anglais prendre le dessus sur son homologue français. Dans ce domaine, on est quand même suffisamment bien armés pour les dominer. Et puis l’équipe de France possède un banc exceptionnel. Je pense que l’entrée en cours de rencontre de Chabal va encore faire des étincelles. Il va tout exploser sur son passage.


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05/10/2007

«Ce match n'est pas une finalité»

Pour cette Coupe du monde, il fallait un pied de niveau international. Avec Lionel Beauxis et Damien Traille, on a la chance d’en posséder deux. Ca me semble donc opportun de les titulariser. Mais pourquoi ne l’a pas t’on fait plus tôt? Une fois de plus, on est dans l’incompréhension totale. C’est toujours celui qui a parlé en dernier qui a le dernier mot. Beauxis a été bon face à la Géorgie. Il est donc titulaire face aux Blacks. Je souhaite vraiment qu’il sorte grandi de cette expérience. Je ne voudrais pas que la rencontre de samedi tourne au fiasco et qu’il soit désigné comme le responsable d’une défaite, comme Michalak l’avait été en 2003 après la demi-finale perdue face aux Anglais. Bref, je ne voudrais pas que l’on tombe sur les joueurs alors que Bernard Laporte et Jo Maso sont dans leur confort, puisque le premier ira au gouvernement et que le second conservera son poste de manager des Bleus.

Concernant Damien Traille, je ne suis pas inquiet par ses aptitudes à jouer à l’arrière. C’est son poste de formation, il y a joué à la Section paloise, et il va très vite retrouver ses marques. Ce qui me semble plus dangereux, c’est le manque d’automatismes avec les ailiers. Vincent Clerc et Cédric Heymans ont l’habitude d’évoluer avec Clément Poitrenaud en n°15. Du coup, les relances seront plus individuelles que collectives.
Mercredi matin, Jo Maso a dit qu’il mettait Traille à l’arrière pour «plus de sécurité». Dans ce cas, pourquoi ne pas mettre Dominici et Rougerie aux ailes? Ils sont moins joueurs et moins virevoltants que Clerc et Heymans, mais ils sont plus forts dans l’impact physique. Pourquoi on ne met pas Chabal d’entrée? C’est pourtant le seul joueur que craignent les Néo-Zélandais. Faut arrêter de dire que c’est un impact player. Si il rentre alors qu’il y a déjà 40-0, son impact sera inutile.

Battre les Blacks? Mon cœur y croît. Ma tête me dit : «Ca va être très compliqué.» Je sens les joueurs pleins de doutes et c’est logique, puisque qu’on redistribue sans cesse les cartes, on n’a terminé que deuxièmes de notre poule et on titularise des joueurs à des postes qui ne sont pas les leurs. En 1999, il y avait un fil conducteur : il y a eu une montée en puissance collective: en quarts, on a mis 47 points à l’Argentine. Et la semaine avant de jouer la demie face aux Blacks, on adhérait totalement aux choix des entraîneurs. C’est pour ça qu’on était convaincus qu’on allait les battre. Alors oui, sur un match, on peut gagner contre la Nouvelle-Zélande. Mais ce match n’est pas une finalité. Si on se qualifie, on devra affronter l’Australie, puis l’Afrique du Sud. Il ne faut pas se tromper d’objectif.

 

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NDLR: retrouvez les réponses de Titou à vos questions, lors du chat de mardi, en cliquant ici 

24/09/2007

«La priorité, parfaire le collecif»

Cete victoire face à l'Irlande, c'est un grand ouf de soulagement pour tout le monde. Notamment pour les joueurs. On a senti encore un peu de fébrilité en première mi-temps. Mais peu à peu, ils ont tous remporté leurs duels. La première ligne a répondu présent à tous les instants, on a été performants en touche sous l'impulsion de Bonnaire et le coaching a été judicieux, avec par exemple la rentrée de Nallet.

Au chapitre des satisfactions, Jean-Baptiste Elissalde s'affirme en tant que meneur d'hommes et maître à jouer. Julien Bonnaire se transcende au poste de 3e ligne centre. Et en fin de rencontre j'ai vu ma charnière de rêve (Michalak-Beauxis) durant quelques minutes. A peine rentré, Beauxis s'est permis de faire un dégagement de 60 mètres, dans un angle impossible. Je persiste à dire qu'il faudrait mettre Michalak en n°9. Car si on le laisse jouer à l'ouverture, il faut impérativement le soutenir avec un centre qui possède un gros jeu au pied.

Chabal? Je l'ai trouvé performant... à un poste de deuxième ligne. Il s'est adapté aux exigences de ce poste, nouveau pour lui. Il a bien sauté en touche, bien poussé en mêlée. Mais les gens attendent autre chose de lui. Si tu veux le voir percuter, il faut le repostionner en troisième ligne. Et dans ce cas, on peut se demander pourquoi Laporte l'a pris dans la liste des trente.   

En tout cas, bravo à cette équipe de France. Elle a fait ce qu'on attendait d'elle. Reste qu'il faut relativiser ce succès. Les Irlandais étaient trop justes physiquement, trop brouillonts et ils ont eu comportement latin: ils multipliaient les fautes et s'adressaient systématiquement à l'arbitre. Les Bleus, eux, ont fait un gros boulot. Mais aujourd'hui, on n'a pas un collectif suffisamment fort pour bousculer les grandes nations comme la Nouvelle-Zélande ou l'Australie.

La défaite contre l'Argentine, on va la traîner comme un boulet. On a peu de chances de terminer premiers de notre poule. Et tout laisse à penser que notre parcours s'arrêtera contre les Blacks, à Cardiff. Contre la Géorgie, il ne faudra surtout pas se projeter sur ce quart de finale. La priorité, c'est de parfaire le collectif. Dans cette logique, je remettrais les quinze mêmes que contre l'Irlande. Le turnover est possible au niveau des sept remplaçants. Manager le XV d France, ce serait par exemple expliquer à Dominici qu'on ne le met pas dans le XV de départ parce qu'on ne change pas une équipe qui gagne, mais qu'on lui laisse une seconde chance en l'intégrant dans le groupe des 22. Manager, ce serait aussi mettre Sébastien Bruno sur la feuille de match, ou encore expliquer à Pierre Mignoni qu'il n'a plus aucune chance de jouer durant cette Coupe du monde alors qu'il semblait être titulaire en début de compétition...


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04/09/2007

Maintenant, il faut oser

La liste des vingt-deux joueurs retenus face à l’Argentine ne me surprend
pas vraiment. Il y a une certaine logique par rapport à l’état de forme des
joueurs. Maintenant, il faut se lancer, il faut oser. On connaît la force
des Argentins. Ils ont un pack lourd et imposant. Bernard Laporte a fait son
équipe en fonction de l’adversaire, en mettant cinq avants sur le banc
susceptibles de relever le défi physique des Pumas. Sur ce match, cela
semble être la solution adéquate. Sur le long terme, il faudra sans doute
prendre davantage d’arrières pour garder une certaine émulation. On peut
quand même s’étonner que Frédéric Michalak et Sébastien Chabal ne soient pas
titulaires, alors qu’ils ont tout pour être les moteurs de l’équipe de
France.  


Maintenant, la grande question est de savoir comment Bernard Laporte et Jo
Maso vont manager ce groupe de trente joueurs. Soyons clairs: la
qualification se jouera face à l’Argentine et l’Irlande. La Namibie et la
Géorgie n’ont pas la prétention d’atteindre le niveau des Bleus. Ce sera
l’occasion de faire reposer certains cadres et d’entretenir une dynamique de
groupe. Si on ne fait pas jouer la concurrence à fond, on ne pourra pas
compter sur des remplaçants disponibles et totalement concernés.

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