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22/10/2007

«On a les moyens pour relever la tête»

Ce match face à l’Argentine, c’était l’occasion pour les joueurs français de se faire plaisir. Durant le premier quart d’heure, on vu beaucoup d’intention et de conviction dans leur jeu. Finalement, ce fut un vrai fiasco. Certes, l’Argentine a fait preuve d’un énorme volume de jeu. Mais les Bleus ont été rattrapés par leurs vieux démons. Cette fin de Coupe du monde est totalement pitoyable. L’équipe de France a fonctionné comme une sélection: les Toulousains voulaient pratiqué un certain jeu, les Parisiens un autre, etc. Cette dernière défaite face aux Pumas a mis en lumière le manque de cohésion et  de cohérence. Dans ces conditions, je me demande encore à quoi ont servi les trois mois de préparation.

Ce Mondial est un échec sportif. C’est même un fiasco. D’abord parce que le XV de France n’a terminé que quatrième. Ensuite parce que notre rugby national n’a affiché aucune identité. Enfin parce que le management de l’encadrement (pas d’équipe-type, pas de joueurs évoluant à leur poste) a été catastrophique.

Sur le plan des retombées, le bilan est en revanche très positif. L’organisation a été très réussie. Il y a eu une vraie ferveur populaire autour de cette Coupe du monde : certaines écoles de rugby ont déjà enregistré près de 50% d’inscriptions supplémentaires. Et les joueurs se sont montrés irréprochables : aucun cas de dopage et un état d’esprit fidèle aux valeurs du rugby.

Si je devais retenir une image de cette compétition, c’est évidemment la victoire de la France face aux Blacks, à Cardiff. Cette Coupe du monde, ce fut une formidable aventure humaine. Des moments de tradition et de convivialité. Toutes les équipes m’ont enthousiasmé. Le Portugal, pour avoir marqué un essai face à la Nouvelle-Zélande. Les Samoa, les Fidji et le Tonga, pour avoir apporté de la bonne humeur et pour avoir pratiqué un rugby offensif. L’Angleterre pour avoir atteint la finale alors qu’elle était au fond du trou il y a encore quelques semaines. L’Argentine pour son mental à toute épreuve. L’Afrique du Sud pour son sacre. Les Boks ont dominé le rugby mondial ces quatre dernières années, ont gagné le Tri-Nations et ont lancé des jeunes joueurs comme Steyn.

L’équipe de France devra sans doute s’en inspirer pour être championne du monde en 2011.  Pour cela, il faut provoquer très vite un dialogue entre la Fédération et la Ligue. Il est important que tout le monde se retrouve rapidement autour d’une table afin de dégager un projet pour l’ensemble du rugby français. Je suis optimiste, car nous sommes une nation riche de l’ovalie, avec des infrastructures, de bons joueurs et de bons entraîneurs. On a tous les moyens pour relever la tête.


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20/10/2007

Laporte aux Malouines!

Franchement : un type qui perd à la maison en demi finale contre les Anglais… Puis en petite finale,  pour la 6ème  fois en 7 match contre l’Argentine.. . Une seule issue, un seul poste, une seule distinction, la médaille des médailles : ambassadeur de France aux Iles Malouines.


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18/10/2007

«J'espère que Laporte n'aura pas Alzheimer»

Quand il y a une défaite, on est plus à même d’analyser la déroute du XV de France. Quand tu mets bout à bout tous les détails, les joueurs peuvent nourrir des regrets. Indiscutablement, la Coupe du monde a été mal gérée par le staff. Il fallait des certitudes pour atteindre un bien-être collectif. Au lieu de cela, l’encadrement a imposé un turnover perpétuel.

Je tiens tout de même à préciser que je ne suis pas contre l’équipe de France. J’aurais vraiment voulu qu’elle soit championne du monde. On est en droit de se poser des questions. Et je cherche juste à expliquer pourquoi je ne suis pas d’accord avec le système mis en place.

Pour ce match face à l’Argentine, je pense que les joueurs sont vraiment motivés. Il s’agit d’abord d’une revanche par rapport au match d’ouverture et aux cinq défaites consécutives contre les Pumas. Ensuite parce qu’il y a une troisième place en jeu. La décrocher, ce serait un moyen de rendre hommage et de remercier le public, qui les a toujours soutenus. Enfin, pour les joueurs eux-mêmes, c’est l’occasion de se faire plaisir. Depuis le revers face à l’Angleterre, j’ai le sentiment que les joueurs ont pris les clés du camion. Maintenant, ils ont une chance de se faire plaisir individuellement et collectivement. Se faire plaisir, ce n’est pas taper des chandelles. C’est développer un rugby aéré, avec beaucoup de volume de jeu. S’ils parviennent à battre l’Argentine avec la manière, ce sera un joli pied de nez par rapport aux divergences internes concernant la stratégie choisie par l’encadrement.

Après cette Coupe du monde, il sera temps de penser à tracer un bilan. Il est important que tous les toutes les institutions françaises se mettent autour d’une table pour repenser et moderniser le rugby hexagonal. Cela ne concerne pas que le XV de France. Il s’agit de savoir si on veut conserver le jeu à la française, si le championnat de France est compatible avec cette stratégie, si on mise sur la formation des jeunes, de quels moyens on dispose, etc. Le rugby français arrive à un moment charnière. On avait la possiblité de réaliser quelque chose de grandiose. Mais ce n’est pas un échec total : on doit profiter de ce formidable engouement populaire pour développer le rugby français, qui a une identité et un patrimoine riches à défendre.

Quand il sera secrétaire d’Etat au ministère des Sports, j’espère que Bernard Laporte n’aura pas Alzheimer. J’espère qu’il n’oubliera pas de rendre au rugby tout ce que le rugby lui a apporté.

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16/10/2007

Chroniques de l’arrière du front

All Blacks

 Le 6 octobre: Nous on joue ce soir là (sur les planches)... et je n’ai pu voir le match qu’après…quand tout a déjà été dit ou presque…Juste une petite référence à ma chronique précédente : L’arbitrage…ha l’arbitrage! Qu’il est doux quand il est en notre faveur…Qu’on ne dit plus rien sur les arbitres alors…que les fautes deviennent légères quand elles ne sont pas sifflées et que c’est nous qui les commettons. C’est pas mal français ça aussi, le retournage de veste… Et puis imaginez une seconde que les bleus s’arrêtent en quart… Toutes ces pubs inutiles et même contreproductives… vendre une bagnole siglé "les Bleus" après ça… à part des pansements ou des baumes pour les bleus, je ne vois pas ce que l’on aurait pu vendre… alors que là ! Jackpot ! lers rebelles l’ont fait, avec un cœur gros comme ça… là on peut en acheter des maillots, des autos, et des prêts immobiliers… tout bleu, tout costaud, comme eux… Non les arbitres de cette coupe sont bons, simplement  bons. Ils laissent jouer…l’avantage à ceux qui attaquent…bon passons. Aux anglais… qui nous ont brûlé Jeanne d’arc…


Anglais

Le 14 octobre : Et patatras ! La perfide Albion a encore frappé! Et la encore on a vu nos faiblesses, celles qui reviennent trop souvent pour être dues au hasard! La volonté personnelle de chacun de trouer la défense au mépris des fondamentaux qui consistent quand même à essayer d’envoyer le ballon aux ailiers surtout face à de gros plaqueurs certes, mais des gros d’abord… Images de tristesse, bien sûr, mais je ne peux m’empêcher de penser que cette équipe n’avait pas vraiment les moyens d’être championne du monde…facile…oui et non car j’avais déjà dit quelque chose comme cela avant… Ce soir encore on a copié les anglo-saxons, jeu au pied et grosse défense, et à ce jeu ils sont meilleurs que nous puisque ce sont eux les inventeurs de cette technique…

Et nous aussi il va falloir se remettre en jambes pour les trois représentations à la MC2 de Grenoble (16,17,18 octobre: PUB). Et cela ne va pas être facile non plus…Car les comédiens se sont pris au jeu de cette coupe du monde et j’ai reçu de nombreux SMS tristes et pas de ceux dont on pouvait l’attendre le plus… Se dire que nous on fait du théâtre et que les enjeux sont ailleurs et que les spectateurs seront heureux de revoir un peu de cette ambiance dans leur théâtre…avec peut-être un peu plus d’émotion ou de rires plus complices que sur certaines répliques de notre entraîneur…

Nous notre coupe du monde n’est pas finie! Il nous reste encore au moins onze matchs (pardon, représentations) à faire et nous aussi on a besoin du public pour nous encourager. Alors merci de faire passer le mot…


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15/10/2007

«Laporte a pêché durant les quatre dernières années»

Je ne comprends pourquoi en août dernier, on avait battu ces mêmes Anglais en envoyant du jeu. On les connaît bien. On sait qu’ils voulaient rivaliser devant, contester les rucks et mettre Wilkinson en situation de droper. En proposant un jeu défensif très réducteur, l’équipe de France a permis au XV de la Rose de dérouler.

Chez les Bleus, on n’a jamais vraiment senti une solidarité et un leader. Les deux finalistes, l’Angleterre et l’Afrique du Sud, ont une vie de groupe. Je ne l’ai pas senti dans le XV de France, où il manque clairement un esprit club. Je suis convaincu que la préparation a été bâclée. Vouloir jouer à trente, c’était une solution purement diplomatique. Mais dans une Coupe du monde, ça ne marche pas. Tous les autres demi-finalistes n’ont pas changé d’équipe d’un match à l’autre. Cela leur a permis une montée en puissance collective.

Bernard Laporte a pêché durant les quatre dernières années. Quand il trace son bilan, c’est catastrophique. Tu peux pas te targuer d’avoir éliminé les Blacks en quarts alors que l’objectif était d’être champions. Surtout avec un tel fond de jeu. Il aurait dû dégager une ossature il y a un an. Pas faire des expériences durant le Mondial. Pour moi, il y a eu une énorme faute de calendrier. Si tu veux faire jouer Traille à l’arrière, peut-être aurait-il fallu demander à son club de l’essayer à ce poste. On s’aperçoit que Chabal ne gagne sa sélection qu’au mois de juin, que Mignoni et Skrela ne la décrochent que durant le dernier Tournoi. Et le petit Beauxis, on le titularise à des moments décisifs sans lui avoir permis d’engranger plus d’expérience avant. Dans une compétition comme la Coupe du monde, ce genre de détails ne pardonnent pas.

Maintenant, on s’en prend aux joueurs. Et ça, je ne l’accepte pas. Prenez le cas de Beauxis : on va l’incriminer alors qu’il a respecté à la lettre les consignes de l’entraîneur. Quand je le vois taper des drops de 55 mètres, c’est uniquement le fruit de la stratégie de l’encadrement. Face à l’Argentine, vendredi prochain, j’espère que les joueurs vont enfin se faire plaisir en produisant du jeu. C’est à ce titre qu’ils parviendront à fidéliser les supporters.

La succession de Laporte? Il faut d’abord analyser ce qui n’a pas fonctionné pour ne plus avoir de regrets. Il faut avant tout déterminer un projet. Fabien Galthié et Philippe Saint-André ont pour eux le fait d’avoir connu le rugby professionnel. Guy Novès a toujours su s’entourer de compétences. Mais qui que ce soit, je souhaite que le nouvel entraîneur de l’équipe de France ait des convictions et un vrai projet de jeu. A l’image de Jean-Claude Skrela et de Pierre Villepreux qui, n’en déplaisent à certains, ont su aller au bout de leurs idées. Le renouveau du jeu de l’équipe de France passe avant tout par une association de compétences, avec un staff élargi, comme cela se pratique dans d’autres sélections nationales.

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12/10/2007

«Une demie pas forcément plus dure que le quart face aux Blacks»

Le choix de reconduire l’équipe victorieuse de la Nouvelle-Zélande me paraît logique. Il aurait été difficile d’expliquer à des joueurs ayant réalisé un exploit qu’ils vont devoir s’asseoir sur le banc ou en tribunes. Mais je regrette que les Bleus n’aient une équipe-type qu’au stade des demi-finales. On aurait dû la mettre en place avant. Mais ça, c’est parce que l’encadrement a abordé cette Coupe du monde sans certitudes...

L’Angleterre a elle aussi débuté ce Mondial avec plein de doutes. Elle a connu pas mal de remue-ménages, avec notamment un changement d’entraîneur en novembre dernier. Dans leur poule de la mort, ils n’ont pas fait la bonne pioche en termes de combat et d’agressivité. Mais la défaite face à l’Afrique du Sud (36-0) a été un mal pour un bien. Cela a permis aux Anglais de retrouver leurs valeurs de courage et de solidarité. Cela leur a également permis d’engranger un énorme capital confiance. L’Angleterre, c’est une qualité dans le jeu au pied et dans les phases de conquête.

Cette demi-finale ne sera pas forcément plus dure que le quart face aux Blacks. Mais ce sera une rencontre toute aussi intense. La fraîcheur physique et mentale feront la différence. Le XV de la Rose est très difficile à manœuvrer. Si on prend comme référence les deux victoires françaises du mois d’août, en matchs de préparation, on va droit dans le mur. Mais je crois en l’intelligence des anciens comme Raphaël (Ibañez) ou Fabien (Pelous) pour ne pas tomber dans ce piège.

Je ne vois pas le pack anglais prendre le dessus sur son homologue français. Dans ce domaine, on est quand même suffisamment bien armés pour les dominer. Et puis l’équipe de France possède un banc exceptionnel. Je pense que l’entrée en cours de rencontre de Chabal va encore faire des étincelles. Il va tout exploser sur son passage.


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09/10/2007

Le secret d'une défense propre

Il nous faut bien évidemment revenir sur la prestation de Wayne Barnes lors du match France - Nouvelle-Zélande. Et de ce fameux en-avant. Qu'il ne l'ait pas vu est regrettable. Mais pour le voir, il faut être sur la ligne de la passe, ce qui, vu la rapidité du contre français, est quasi-impossible. Ce n'est plus une question de qualité ou de compétence, mais de la chance. Ce type d'oubli est aussi une conséquence de l'évolution du jeu. On voit de plus en plus de «passes à hauteur» de ce type, où les joueurs sont très proches et la transmission se fait presque de la main à la main. Des passes très difficiles à percevoir...

Le carton jaune reçu par McAlister me semble justifié. Si  Ce qui influence pas mal cette décision, c'est le fait que l'agression ait lieu alors que la France disposait d'un avantage en cours. Cette obstruction intervient dix secondes après un maul effondré à 5m de la ligne. En revanche, on ne peut pas siffler essai de pénalité, car on ne peut être sûr qu'il y ait essai sans cette faute.

27% de possession de balle, 197 plaquages et 2 fautes seulement, aucune en deuxième mi-temps. La statistique  est étonnante, mais elle est à mon sens le reflet d'une discipline sans faille de la France en défense. Mais surtout d'une intelligence et d'une écoute impeccable. Je m'explique: on a beaucoup entendu M. Barnes crier «Ne mettez pas les mains» dans les regroupements. Et l'on n'a quasiment pas vu les Français contester la libération du ballon au sol, préférant s'appliquer à tresser un rideau défensif le plus fourni possible en joueurs à chaque sorties de ruck. A mon sens, c'est le secret de la défense propre des Bleus.

Le fait que Wayne Barnes n'arbitre plus de match jusqu'à la fin du mondial n'est pas une sanction. Je ne pense pas que l'en-avant non-sifflé soir déterminant dans cette décision, même s'il a forcément un peu joué. Disons aussi que sa jeunesse a aussi compté, par rapport à l'expérience béton d'un Alain Rolland [l'Irlandais qui arbitrera la finale]. Il aura le temps d'en arbitrer d'autres, des demies et des finales de Coupe du monde. Franchement, il a déjà le niveau pour cela.

 
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Ils ont enfin pris le commandement

Je suis extrêmement content pour les joueurs. Surtout pour les "anciens" que sont Raphaël (Ibanez), Fabien (Pelous), Pieter (De Villiers) et "Domi" (Christophe Dominici), car c'est la deuxième fois qu'ils battent les Blacks en Coupe du monde. Je suis hyper respectueux d'une telle performance. Les Bleus ont remis les points sur les "i". Ils ont eu une forme de rebellion par rapport au premier tour, mais également par rapport aux consignes de Bernard Laporte. En première mi-temps, ils se sont rendus compte que s'ils respectaient à la lettre son schéma tactique rigide, ils ne pourraient jamais gagner ce match. En deuxième période, ils ont su prendre des risques et ça s'est traduit par deux essais. Les joueurs ont enfin pris le commandement. Juste avant le match, lorsque les joueurs ont défié le haka néo-zélandais, on sentait beaucoup de respect mais aussi un état d'esprit guerrier, du courage et de la solidarité. Les Français ont gagné la bataille psychologique.  

Lionel Beauxis? Son manque de compétition et de fraîcheur physique ont été flagrants. Malgré cela, je suis ravi qu'on ait enfin décidé de mettre un jeune à l'ouverture, un poste clé. J'espère qu'il sera reconduit face à l'Angleterre. On n'attend pas de lui qu'il soit aussi créatif qu'un Michalak. Du moins, pour l'instant. Il joue sur ses qualités et c'est déjà bien à 21 ans. A l'arrière, Damien Traille a été énorme. Il a été classique dans son rôle, mais il a parfaitement relancé au pied quand il le fallait.  

Pour la demi-finale, on peut supposer qu'il n'y aura que quelques retouches dans la composition d'équipe. Les joueurs alignés samedi ont grandi ensemble. Je ne vois pas pourquoi on ne leur ferait pas confiance. Ils ont créé un exploit. Maintenant, il faut aller au bout. Mais ce ne sera pas facile car l'Angleterre, comme la France, a engrangé un énorme capital confiance. Il ne faudra surtout pas faire référence aux deux victoires acquises cet été, lors des matchs de préparation. Il faudra surtout tourner la page du quart de finale face aux Blacks, le digérer psychologiquement. En 1999, on n'avait pas pu se préparer pour la finale face à l'Australie car durant toute la semaine qui avait suivi notre exploit en demi-finale, on avait dû passer notre temps à expliquer comment et pourquoi on avait battu la Nouvelle-Zélande. Cette fois, je suis sûr que des gars comme Raphaël, Fabien et Domi vont savoir faire rebaisser la pression et mobiliser tout le monde. 

 

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05/10/2007

«Ce match n'est pas une finalité»

Pour cette Coupe du monde, il fallait un pied de niveau international. Avec Lionel Beauxis et Damien Traille, on a la chance d’en posséder deux. Ca me semble donc opportun de les titulariser. Mais pourquoi ne l’a pas t’on fait plus tôt? Une fois de plus, on est dans l’incompréhension totale. C’est toujours celui qui a parlé en dernier qui a le dernier mot. Beauxis a été bon face à la Géorgie. Il est donc titulaire face aux Blacks. Je souhaite vraiment qu’il sorte grandi de cette expérience. Je ne voudrais pas que la rencontre de samedi tourne au fiasco et qu’il soit désigné comme le responsable d’une défaite, comme Michalak l’avait été en 2003 après la demi-finale perdue face aux Anglais. Bref, je ne voudrais pas que l’on tombe sur les joueurs alors que Bernard Laporte et Jo Maso sont dans leur confort, puisque le premier ira au gouvernement et que le second conservera son poste de manager des Bleus.

Concernant Damien Traille, je ne suis pas inquiet par ses aptitudes à jouer à l’arrière. C’est son poste de formation, il y a joué à la Section paloise, et il va très vite retrouver ses marques. Ce qui me semble plus dangereux, c’est le manque d’automatismes avec les ailiers. Vincent Clerc et Cédric Heymans ont l’habitude d’évoluer avec Clément Poitrenaud en n°15. Du coup, les relances seront plus individuelles que collectives.
Mercredi matin, Jo Maso a dit qu’il mettait Traille à l’arrière pour «plus de sécurité». Dans ce cas, pourquoi ne pas mettre Dominici et Rougerie aux ailes? Ils sont moins joueurs et moins virevoltants que Clerc et Heymans, mais ils sont plus forts dans l’impact physique. Pourquoi on ne met pas Chabal d’entrée? C’est pourtant le seul joueur que craignent les Néo-Zélandais. Faut arrêter de dire que c’est un impact player. Si il rentre alors qu’il y a déjà 40-0, son impact sera inutile.

Battre les Blacks? Mon cœur y croît. Ma tête me dit : «Ca va être très compliqué.» Je sens les joueurs pleins de doutes et c’est logique, puisque qu’on redistribue sans cesse les cartes, on n’a terminé que deuxièmes de notre poule et on titularise des joueurs à des postes qui ne sont pas les leurs. En 1999, il y avait un fil conducteur : il y a eu une montée en puissance collective: en quarts, on a mis 47 points à l’Argentine. Et la semaine avant de jouer la demie face aux Blacks, on adhérait totalement aux choix des entraîneurs. C’est pour ça qu’on était convaincus qu’on allait les battre. Alors oui, sur un match, on peut gagner contre la Nouvelle-Zélande. Mais ce match n’est pas une finalité. Si on se qualifie, on devra affronter l’Australie, puis l’Afrique du Sud. Il ne faut pas se tromper d’objectif.

 

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NDLR: retrouvez les réponses de Titou à vos questions, lors du chat de mardi, en cliquant ici 

03/10/2007

Le rugby professionnel en France : entre nostalgie et modernité

5. Chronique d’une contestation annoncée

«On part à la boucherie!» (1). C’est par ces mots qu’un dirigeant décrivait non pas la prochaine rencontre de rugby mais l’augmentation radicale du nombre de matchs programmés à partir de 2004. «On part à la boucherie»… S’agissant du plaisir de jouer au rugby, il y aurait sans doute lieu de penser que les termes sont un peu exagérés pour décrire la dizaine de matchs supplémentaires (sur 43 initialement prévus) surtout si les joueurs ont vraiment la passion du ballon ovale. 

Pourtant, ces termes demeurent très en deçà de la réalité qu’ils cherchent à  évoquer. Après tout, aucun travailleur ordinaire n’accepterait une augmentation de plus de 20 % de son temps travail sans contester. C’est d’ailleurs bien ce qu’ont fait les rugbymen: ils se sont mobilisés pour dénoncer une intensification du travail alors que leur convention collective prévoyait plus de temps de repos et de récupération. En imposant des cadences difficiles à supporter au plan physique, les dirigeants se sont exposés à encourager sournoisement des pratiques de dopage, dont ils n’auraient jamais à supporter personnellement les conséquences. Ce qu’expliquait très bien ce même dirigeant: «[l’augmentation des matchs], les présidents n'ont pas compris mais c'était trop grave. Tu ne peux pas demander à un joueur de jouer cinquante matchs dans l'année sans période de repos. T'es en train de lui tendre le pot et les saloperies dedans. C'est inconsidéré. Et les présidents te disaient en face comme seule réponse "attendez, au prix où ils sont payés"».

En restant sourds aux revendications des joueurs, les dirigeants parvenaient même à renverser le problème: leurs rugbymen pensaient manifestement plus à l’argent qu’au jeu! La modernité du rugby cache ici bien mal le cynisme des patrons de clubs toujours prêts promouvoir les vertus marché au moindre coût social. «On part à la boucherie!» Si cette prophétie n’a pas eu lieu, c’est que placé devant le fait accompli, le syndicat des joueurs, Provale, n’a tardé pas à mobiliser ceux-ci pour le maintien d'un calendrier acceptable. Référendum et consultations de la base syndicale ont cristallisé une position de ferme résistance qui s’est concrétisée par la rédaction d'une déclaration collective communiquée juste avant la dernière journée de championnat programmée en multiplexe sur une des chaînes télévisées et rédigée comme suit: «Nous les joueurs de rugby professionnels, avons décidé de retarder de dix minutes le coup d'envoi du Top 16 afin d'être entendus. Nous sommes inquiets de l'augmentation du nombre de matchs aboutissant à des calendriers surchargés. Nous sommes inquiets pour notre santé et pour l'évolution du sport. La professionnalisation du rugby doit continuer sa route mais pas au détriment des hommes. Bon match.»

Si la résistance n'a pas eu besoin d'aller jusqu’à son terme, c'est en raison des pressions qui pesaient sur Serge Blanco, président de la LNR, pour ne prendre aucun retard vis à vis des télévisions, et qui a dû céder au dernier moment pour le respect du calendrier des repos. Dans ce contexte, présenter les joueurs professionnels comme des mercenaires rompus à l'affairisme procède d'une cynique inversiondes rapports de force où ils seraient les seuls maîtres de leur destin quand, dans les faits, ils ne pèsent efficacement auprès des instances dirigeantes qu’au prix d’une mobilisation collective soigneusement orchestrée. Temps modernes riment parfois avec conquête sociale!

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(1) Entretien du 18 juin 2004.

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28/09/2007

«A un moment, il faut faire des choix»

Décidément, je ne comprends pas la logique de Laporte. Pourquoi préparer un probable quart de finale contre les Blacks, à Cardiff, en accordant une grande part à l'individualisme? Je m'explique: pour convaincre les sélectionneurs de les titulariser en quarts, les joueurs alignés face à la Géorgie vont soit se mettre la pression, soit jouer leur carte personnelle. Face à un adversaire assez faible, la France devrait largement l'emporter. Mais sur le plan collectif, on n'en saura pas plus dimanche soir. On est arrivé à un stade dans la compétition où l'équipe doit emmagasiner de la confiance. Au lieu de cela, on redistribue une nouvelle fois les cartes.

Jouer à Marseille, cela revêt un enjeu sportif et politique. C'est l'occasion de remercier tout le public du Sud-Est pour le soutien qu'il apporte aux Bleus lorsqu'ils jouent au Vélodrome et pour avoir accueilli les Blacks depuis le début de ce Mondial. Qui fait rêver les gamins? Michalak et Chabal. Pour sensibiliser les mômes et les pousser à s'inscrire au rugby, il aurait été judicieux de mettre ces deux joueurs au moins dans le groupe des vingt-deux.

L'exemple du poste de demi d'ouverture est très significatif du flou qui règne autour des compositions du XV de France. Après David Skrela et Frédéric Michalak, c'est Lionel Beauxis qui jouera dimanche. Je suis à moitié ravi par cette nouvelle, car j'aurais préféré qu'il évolue avec Frédéric Michalak en n°9 plutôt que Pierre Mignoni. Bref... Cette semaine, Jo Maso a dit de Beauxis qu'il était le meilleur ouvreur de France. Dans ce cas, pourquoi ne pas l'avoir aligné dès le match face à l'Argentine, pour qu'il engrange de la confiance et de l'expérience?

«Gagner la Coupe du monde à trente», c'est un discours purement diplômatique, pour faire plaisir à tout le monde, pour ne pas faire de vagues. Bernard Laporte a passé toute cette phase de poules à faire des matchs de préparation. Mais à un moment, comme dans tout club, il faut faire des choix. J'ai toujours dit que les quinze joueurs alignés face à l'Irlande constitueraient en grande majorité l'équipe-type. Et là, on repart de zéro. Imaginons que dimanche, la France marque 100 points avec trois essais de chaque trois-quart: je suis prêt à parier qu'ils seront titulaires en quarts sous prétexte qu'ils ont brillé face à une formation modeste. C'est complétement illogique.

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25/09/2007

Prévention, pénalité, carton

Ce week-end, certains ont cru déceler des interprétations variables quant à la règle de l’avantage, notamment lors d’Australie-Fidji. Je ne le pense pas. Mais il faut dire que cette règle est la plus difficile à appliquer, donc la plus facile à contester, car est la plus soumise à une interprétation personnelle, à une philosophie de l’esprit du jeu. Et c’est ce qui explique que ce soit celle qui est la moins harmonisée selon les arbitres.
Elle repose sur deux notions: l’espace (il faut qu’il y ait un gain de terrain important pour ne pas revenir à la faute), le temps (celui au terme duquel on juge une action terminée). A ces deux notion, dont la perception est variable selon les individus, s’ajoute un troisième critère: la gravité de la faute (on reviendra beaucoup plus facilement à un hors-jeu flagrant ou une brutalité qu’à un en-avant).

Lors d’Afrique du Sud-Tonga, on a vu une passe à peine en-avant en bout de ligne annuler un essai tonguien. Là, il s’agit d’une question de perception davantage que d’interprétation. Cela va vite et l’angle de vue de l’arbitre au moment d’une passe est déterminant, encore plus si elle est à hauteur. Dans le principe, un en-avant est un en-avant. Mais dans le subconscient d’un arbitre, il est possible qu’une action de 80m souffre moins d’intransigeance…

Avant France-Irlande, j’avais annoncé un match difficile arbitrer. L’Anglais Chris White a su être très vigilant et a été à la hauteur de l’enjeu. On sent qu’il s’était bien préparé à ce match et qu’il s’attendait à un match serré, en état très attentif sur les regroupements en en n’hésitant pas à sanctionner. Une attitude que j’imiterai si j’avais à arbitrer le prochain et décisif Argentine-Irlande. Selon moi, il faudrait me débarrasser des préjugés sur les deux équipes, leur réputation truqueuse dans les regroupements ou leur âpreté au combat en mêlée. Penser à cela est la pire chose à faire, car on est là pour n’arbitrer que les faits.

Une bonne appréhension de la gradation de la sanction est essentielle dans ce type de match. Sur les mêlées par exemple, il faut laisser sa chance à chacun et ne pas sanctionner troup lourdement trop vite. C’est se mettre une corde autour du cou et avoir la meilleure garantie d’avoir un match qui se finit à 14 contre 14. La communication est tout aussi essentielle. Il faut faire passer quelques messages avant le match, au moment où on vérifie les crampons, puis après la première mêlée, si elle se passe mal. Il y a une échelle d’avertissements à respecter. Explication, prévention, pénalité(s), discours au capitaine, carton.


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24/09/2007

«La priorité, parfaire le collecif»

Cete victoire face à l'Irlande, c'est un grand ouf de soulagement pour tout le monde. Notamment pour les joueurs. On a senti encore un peu de fébrilité en première mi-temps. Mais peu à peu, ils ont tous remporté leurs duels. La première ligne a répondu présent à tous les instants, on a été performants en touche sous l'impulsion de Bonnaire et le coaching a été judicieux, avec par exemple la rentrée de Nallet.

Au chapitre des satisfactions, Jean-Baptiste Elissalde s'affirme en tant que meneur d'hommes et maître à jouer. Julien Bonnaire se transcende au poste de 3e ligne centre. Et en fin de rencontre j'ai vu ma charnière de rêve (Michalak-Beauxis) durant quelques minutes. A peine rentré, Beauxis s'est permis de faire un dégagement de 60 mètres, dans un angle impossible. Je persiste à dire qu'il faudrait mettre Michalak en n°9. Car si on le laisse jouer à l'ouverture, il faut impérativement le soutenir avec un centre qui possède un gros jeu au pied.

Chabal? Je l'ai trouvé performant... à un poste de deuxième ligne. Il s'est adapté aux exigences de ce poste, nouveau pour lui. Il a bien sauté en touche, bien poussé en mêlée. Mais les gens attendent autre chose de lui. Si tu veux le voir percuter, il faut le repostionner en troisième ligne. Et dans ce cas, on peut se demander pourquoi Laporte l'a pris dans la liste des trente.   

En tout cas, bravo à cette équipe de France. Elle a fait ce qu'on attendait d'elle. Reste qu'il faut relativiser ce succès. Les Irlandais étaient trop justes physiquement, trop brouillonts et ils ont eu comportement latin: ils multipliaient les fautes et s'adressaient systématiquement à l'arbitre. Les Bleus, eux, ont fait un gros boulot. Mais aujourd'hui, on n'a pas un collectif suffisamment fort pour bousculer les grandes nations comme la Nouvelle-Zélande ou l'Australie.

La défaite contre l'Argentine, on va la traîner comme un boulet. On a peu de chances de terminer premiers de notre poule. Et tout laisse à penser que notre parcours s'arrêtera contre les Blacks, à Cardiff. Contre la Géorgie, il ne faudra surtout pas se projeter sur ce quart de finale. La priorité, c'est de parfaire le collectif. Dans cette logique, je remettrais les quinze mêmes que contre l'Irlande. Le turnover est possible au niveau des sept remplaçants. Manager le XV d France, ce serait par exemple expliquer à Dominici qu'on ne le met pas dans le XV de départ parce qu'on ne change pas une équipe qui gagne, mais qu'on lui laisse une seconde chance en l'intégrant dans le groupe des 22. Manager, ce serait aussi mettre Sébastien Bruno sur la feuille de match, ou encore expliquer à Pierre Mignoni qu'il n'a plus aucune chance de jouer durant cette Coupe du monde alors qu'il semblait être titulaire en début de compétition...


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21/09/2007

Un peu d’optimisme dans ces chroniques de brutes

Le miracle même ! Devinez qui étaient dans les tribunes, pardon dans les fauteuils jeudi soir au théâtre de la Croix Rousse à Lyon, pour la troisième représentation de Vestiaires: Benoît Dauga et Olivier Merle… Vous imaginez, c’est comme si mes étiquettes paninis prenaient vie…deux icônes, deux idoles…descendues voir Vestiaires…

Déjà, les toucher à l’arrivée pour vérifier qu’on ne rêve pas…puis les laisser s’installer…au bord, bien sûr, pour étendre les cannes… Commencer à avoir peur car à eux on ne la fait pas. Mes vestiaires allaient être passés au crible…et mon «équipe» aussi…D’abord jeter un coup d’œil, sur ces deux spectateurs particuliers, de temps en temps, l’air de rien, aux moments clés du spectacle, la préparation du pack d’avants, la remise des maillots, le haka… pour épier les réactions. Souffrir de sentir les gars un peu en dessous au début… mais bien rattrapés…ouf… Entendre les rires…ça fait du bien. Et enfin quel bonheur de voir ce grand gaillard de la Merluche se lever pour une standing ovation à la fin du spectacle… Il était ému le bougre. Il a adoré les comédiens et il était admiratif de leur performance surtout quand il a su qu’aucun n’avait fait de rugby!

Et eux sur le plateau, quand ils ont vu cette masse leur faire face, je ne vous dis pas l’impression… Benoît, un peu plus réservé, m’a quand même fait un de ces compliments qu’on n’oublie pas, en pesant ses mots avec économie. La sentence est tombée : Juste, c’est juste ! Ce mélange de professionnalisme et d’amateur, c’est juste, très juste. Et pendant ce temps Olivier de raconter aux joueurs, pardons aux acteurs, électrisés, les 10 cm qui ont manqué pour que l’équipe de France soit championne du monde en 1995: le terrain complètement détrempé, le ballon aplati et enfoncé dans le sol…pfuit… Un grand moment de respect et de fraternité entre ces deux mondes. Vive la coupe du monde 2007!

 
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PS : et pour ceux qui doutent de ma légitimité à parler rugby, 1) mon père était international et il a été capitaine de cette équipe de 1954 du FCG championne de France, 2) j’ai joué au FCG pendant 20 ans, et même en nationale A, en troisième ligne, dans les années 70, face aux, Herrero, Le Droff, Estève et autres poids plumes… Avis: on peut parler rugby et faire du théâtre depuis 20 ans!

20/09/2007

«Il n'y a pas de logique»

Face à l'Irlande, ce sera un match couperet. Pour cela, Bernard Laporte a choisi ce qu'il considère être la meilleure équipe possible. Il faut pousser ce XV de France le plus fort possible.On est toutefois en droit de se poser des questions, voire de contester cette composition. C'est aussi ça notre rôle de supporter. J'ai l'impression que la blessure de Fabien Pelous arrange bien les affaires du sélectionneur. Cela permet de mettre Lionel Nallet dans les vingt-deux, même si on a du mal à comprendre pourquoi il n'est pas titulaire. Thierry Dusautoir est aligné d'entrée alors qu'au départ, il ne figurait même pas dans la liste des trente. Et on remet une ligne des trois-quarts qui a été bonne contre une équipe namibienne facile à manoeuvrer. Je ne pense pas qu'on puisse tirer de conclusions après la victoire de dimanche. Aujourd'hui, on met donc la Namibie sur le même piédestal que l'Irlande, une nation majeure du rugby.

En huit années sous l'ère Laporte, il n'y a pas de logique. On prend les matchs après les autres. Ce critère de la forme du moment doit être utilisé, mais à dose homéopathique. Du coup, on écarte des gens comme Jauzion et Rougerie. Ils ont pourtant fait leurs preuves. Dans une rencontre comme celle de vendredi, leur expérience aurait été d'une grande utilité. L'idéal aurait été de constituer une équipe de France en panachant les joueurs d'expérience et ceux qui se sont montrés performants face à la Namibie. Pas de tout baser sur un seul succès. Prenez l'exemple de Frédéric Michalak. Dimanche, il a mutliplié les relances à la main depuis son camp. Contre l'Irlande, je ne suis pas sûr qu'il pourra reproduire cela. Il devra davantage occupé le terrain par une bonne gestion au pied. Et ce n'est pas son point fort. Du coup, on a mis Traille comme premier centre pour pallier ses carences au pied. Alors qu'une charnière Michalak-Beauxis aurait fait des étincelles.

Ce qui m'ennuie, c'est qu'on ne cherche toujours pas à construire une véritable équipe-type. Simplement à contourner des manques en mettant untel à telle place. Mais on n'a plus le temps de mettre en place plusieurs stratégies. Et ce n'est certainement pas l'Irlande qui nous en laissera l'opportunité. Ce XV du Trèfle m'inquiète un peu. Je m'étonne que l'entraîneur ait écarté Stringer (le demi de mêlée) pour une rencontre si importante. Mais à l'image de la France après sa défaite contre l'Argentine, c'est une bête blessée. Les Irlandais peuvent prendre l'eau, comme ils peuvent se réveiller à tout moment. Et puis ils savent comment nous battre après notre défaite face à l'Argentine. D'autant plus qu'ils possèdent des joueurs aux mêmes caractéristiques que les Pumas.

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19/09/2007

Le rugby professionnel en France : entre nostalgie et modernité

3. Les années de transition

 

Par rugby traditionnel, de terroir et autres expressions, il faut donc comprendre exploitation rationnelle d’un marché du travail quasi clandestin. Et la célébration des fameuses troisièmes mi-temps de cette période est comme un arbre qui cache la forêt en voulant faire croire, à qui veut bien l’entendre, à la magie du monde (rugbystique). Ce contexte permet de comprendre pourquoi les présidents des grands clubs n’avaient guère intérêt à rendre officielle la professionnalisation qu’ils couvaient : ils auraient couru le risque de perdre le contrôle de joueurs relativement asservis à l’ordre dirigeant paternaliste.A l’inverse, on comprend aisément que ces mêmes joueurs avaient pour leur part tout intérêt au contraire, à savoir pousser dans le sens d’une officialisation, pour se libérer de l’emprise et de la tutelle endémiques de leurs dirigeants. Alors qu’ils étaient les producteurs du spectacle, ils n’en touchaient pas les dividendes. C’est le sens de la métaphore du pâtissier et de son gâteau employée par Didier Codorniou : «le temps est venu de partager le gâteau et d'en donner une part à ceux qui le font!» (1)

Ce climat explique la raison pour laquelle, pendant la coupe du monde de 1995, les joueurs de l’équipe de France ont fermement pris position en faveur du professionnalisme. Le contexte international fournissait une occasion unique de faire valoir leur droit à la part du gâteau qu’ils contribuaient à fabriquer (2). Comme à l’habitude, les analyses du sens commun ont toutes crié à la vénalité de joueurs mercenaires, pensant désormais plus à s’enrichir qu’à jouer. Alors qu’on imaginerait mal Johnny Halliday se produire sur scène sans toucher l’argent des recettes, les rugbymen internationaux se trouvaient pourtant dans une situation analogue où les recettes des matchs revenaient à la fédération. L’enjeu résidait ainsi dans le contrôle et la maîtrise des conditions de travail et la démarche relevait d’une stratégie d’émancipation vis-à-vis de dirigeants tout puissants qui détenaient tous les leviers du la production du spectacle sportif sans les partager avec les producteurs réels, c'est-à-dire les joueurs eux-mêmes.

Il serait naïf d’imaginer que la conquête des moyens de production par les joueurs s’est effectuée d’un seul coup après 1995. Plusieurs années de transition ont été nécessaires pour voir émerger un corps de joueurs professionnels à part entière, relativement autonomes et indépendants dans la gestion de leur travail et des fruits de celui-ci (3). Si on considère la pluriactivité, c'est-à-dire le fait de devoir cumuler un emploi pour compléter la pratique du rugby, comme un indicateur ou caractéristique du rugby traditionnel, on peut alors conclure que la conquête n’est pas encore arrivée à son terme. Le rapport publié en 2007  par le syndicat des joueurs professionnels Provale sur la reconversion des rugbymen montre en effet que 88,1 % des joueurs de l’échantillon (n=160) ont connu la pluriactivité pendant leur carrière entre 1995 et 2004. Autrement dit, les joueurs d’après 1995 ont du continuer de jongler avec une pratique sportive de plus en plus exigeante et des emplois complaisamment offerts par leurs clubs, sponsors et autres investisseurs institutionnels. Dire donc que le rugby a radicalement basculé dans la modernité et le professionnalisme du jour au lendemain est un abus de langage: l’émancipation des joueurs ne s’est effectuée que très progressivement.

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(1) Citation reprise par Jean-Pierre Dorian et Thierry Magnol, L'argent secret..., op. cit., p. 17. Elle est également rapportée sous la forme suivante : "nous sommes les pâtissiers mais nous n'avons pas le droit de manger du gâteau…", L'Equipe Magazine n°1115 du 4 octobre 2003, p. 50. 
(2) Sur ce contexte, voir Fleuriel, S. (1997), 'Formes de résistance à l'emprise économique sur le sport: un "esprit national" face au marché mondial', Lendemains, 22, 88, 27-38.
(3) Sur cet aspect, voir Fleuriel, S. (1999), 'Le rugby d'élite français et le marché professionnel : d'une coupe du monde à l'autre (1995-1999)', in Raspaud, M. (ed.), Le management du sport et l'Europe : les acteurs, entre concurrence et coopération, Ronchin, Société Française de Management du Sport.

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Retrouver les deux premiers épisodes: La professionnalisation ou la rhétorique du changement et Le paternalisme à l'ancienne

17/09/2007

Le XV de la rénovation

Petit inventaire des sujets brûlants avant France/Irlande. D’abord les points durs, la charnière et la seconde ligne. En charnière, il n’y a selon moi plus débat. Même si l’opposition n’est évidement pas la même entre l’Argentine et la Namibie, je suis un partisan sans réserve du tandem toulousain à la houlette du jeu français.  Rapide, créative et parfois même imprévisible, la charnière Elissalde/Michalak s’impose à mes yeux, comme une évidence. En seconde ligne, j’affirme que le débat ne concerne qu’un poste: qui à côté de Nallet? Et là je penche pour Thion et les garanties qu’il offre en touche comme au combat. Et Chabal me direz-vous? Je le remettrai en troisième ligne sans hésiter. Il faudra broyer les irlandais devant. On en a les moyens, utilisons les.

Ensuite les aménagements.En troisième ligne, c’est Dusautoir et Betsen que je collerai autour de Chabal. Je ne crois pas que ce soit nécessaire de dire pourquoi. Devant, au talon, je prendrai Szarzewski plutôt qu’Ibanez. Il montre une qualité d’engagement et une performance dans tous les secteurs du jeu, qui le rendent légitime à revendiquer la place de numéro 1 au poste de talonneur.

Pour le reste, aux ailes le débat se limite à qui de Clerc ou Heymans aux côtés de Rougerie. Dominici est à mon sens un poil en dessous. Derrière, on revient ou on reste, peu importe, aux choses sérieuses: on garde Poitrenaud. Au centre on joue «sécurité sociale» avec Jauzion/Traille pour faire face à la redoutable paire irlandaise.

Bilan? J’anticipe les cris d’effroi devant le sacrifice de cadres opéré dans une telle équipe. Pelous, Ibanez, Dominici out! Quel outrage. Ils sont tellement obsédés par la rénovation ces socialistes, qu’à peine la trentaine passée, ils vous mettent au placard! Soyons sérieux. «L’expérience» a finalement peu pesé dans la rencontre clé, celle du match d’ouverture. Parions dés lors sur l’enthousiasme et la performance.

A ceux qui pestent déjà contre cette intrusion inadmissible d’un «socialiste» dans le processus de sélection de notre équipe nationale, je vous livre ce commentaire «perfide» qui m’était adressé récemment : «S’il devait y avoir un XV socialiste, ce serait le XV de la Rose. Pas de bol! Celui là s’est révélé impuissant et sans ressources devant l’Afrique du Sud.» Quand c’est noir, c’est noir.


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NDLR: Il ne s'en vante pas, mais Benoît Hamon a certains mérites de sélectionneur, comme en atteste les archives de son blog 

15/09/2007

«La France est une bête blessée»

La rencontre match face à la Namibie sera importantissime. Ce match sera celui du rachat. Les Français auront le devoir de gagner, avec la manière. Le groupe retenu pour dimanche me semble cohérent. Il est fidèle au plan de route fixé avant la compétition dans la mesure où les douze changements opérés permettront de créer une émulation.

Jouer à Toulouse, dans la capitale du rugby, c’est pour moi un joli clin d’œil à Guy Novès (l’entraîneur du Stade). Douze Toulousains évolueront devant leur public, devant leurs proches. C’est pour moi un formidable atout. Je suis persuadé que le collectif toulousain permettra de sortir le XV de France de l’impasse. La charnière Elissalde-Michalak devra s’affirmer. Les deux joueurs ont le caractère pour imposer leurs qualités d’improvisation, de spontanéité et de créativité. Ils ont une lourde responsabilité et ce n’est franchement pas un cadeau. Je suis également heureux de voir qu’avec Jean-Baptiste titulaire et Lionel (Beauxis) sur le banc, le XV de France ne sera pas dépourvu en buteurs. En revanche, je ne comprends pas le choix du capitanat. Laisser Raphaël Ibanez au repos, c’est compréhensible. Mais pourquoi laisser Fabien Pelous (le vice-capitaine) et Serge Betsen (capitaine face à l’Angleterre au mois d’août) sur la touche. Confier à Elissalde les clés du camion en pleine compétition me semble totalement illogique. Ce choix dénote du flou qui règne autour de l’équipe de France.

L’épisode de la lettre de Guy Môquet me désole. On est en train de récupérer politiquement la Coupe du monde de rugby. En 1999, nous avions su conserver notre intimité. On a vécu plein de choses entre nous et j’ai tout gardé pour moi. Aujourd’hui, le rugby est devenu professionnel et il ne faut pas s’étonner que les médias fassent des reportages. Si cela blesse certains joueurs, qu’ils se le disent entre eux. A un moment donné, ils doivent être capables de gérer leur image. Les Blacks, eux, sont archi-favoris. Et on peut les croiser au coin d’une rue à Marseille ou en train de faire des activités.

La Namibie, nous l’avions déjà affrontée dans les mêmes conditions, lors du Mondial 1999. Eux ne voulez pas prendre une valise et nous, nous voulions nous rassurer après une timide victoire face au Canada (33-20). La rosée rendait le ballon glissant et on n’arrivait pas à aligner les passes. En voulant envoyer du jeu, nous n’avions pas rassuré le public, qui nous avait sifflé. Et ce malgré la victoire 43-13. Cette fois, il faudra respecter les fondamentaux, être efficaces en conquête, pour ensuite amener du panache. S’ils y parviennent, on leur pardonnera leurs petites erreurs. Je suis convaincu que les Bleus feront le plein de confiance. L’équipe de France est une bête blessée. Et en tauromachie, les bêtes blessées sont les plus dangereuses. Je ne ferai pas de pronostic. Cela signifierait que l’on doit craindre la Namibie. Il y a quinze jours, on était présenté comme les favoris pour le titre mondial. On va quand même pas commencer à avoir peur de la Namibie.


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12/09/2007

Le rugby professionnel en France : entre nostalgie et modernité

2. Le paternalisme à l’ancienne

Le couple d’opposition tradition/modernité a ainsi permis d’entendre vendredi 7 septembre 2007 sur France Culture un Daniel Herrero chanter les vertus d’un « rugby cassoulet » à l’ancienne. Le verbe haut, l’accent méridional, les expressions imagées donnaient envie à l’auditeur de se jeter à son tour dans la mêlée pour vivre cette « grande aventure humaine » qu’était le rugby d’autrefois. En jouant sur la corde sensible, Herrero rallie spontanément tous ceux qui pensent que «le pognon» est le malheur de toute chose pour les valeurs du rugby.  Dans le même temps, la professionnalisation est régulièrement présentée comme une évolution inéluctable (1) qui a pu faire dire à Marcel Martin, directeur des coupes du Monde de rugby et ancien vice-président de la fédération française, la remarquable prophétie selon laquelle «l’expansion du rugby passe par la télévision et l’argent» (2).

Ces analyses sont excessivement simplistes. Elles renvoient dos à dos des tendances qui semblent en apparence contradictoires : en résumé, le rugby d’hier se heurte au rugby de demain. Tendances opposées en apparence seulement, car ces analyses ont bien toutes deux pour fonction de passer sous silence d’autres aspects tout aussi importants pour le monde rugbystique.Pour commencer, le fait est que, contrairement aux idées reçues, le professionnalisme n’a pas débuté d’un coup de baguette magique après 1995, mais bien avant, sous une forme larvée et bien plus pernicieuse. Qu’on le désigne par les termes d’amateurisme marron ou de professionnalisme déguisé, ces pratiques étaient bel et bien réelles au niveau de l’élite avant 1995 sous la forme d’avantages en nature, de défraiements divers et d’emplois plus ou moins fictifs.

Cependant ni les économistes, ni les sociologues, ni les historiens ne se sont réellement donné les moyens de mesurer objectivement l’ampleur du phénomène. Du coup, sans travaux de recherches sur la question, et surtout sans résultats probants, le phénomène n’a pas eu d’existence officielle. Seuls les témoignages des joueurs «d’avant» qui, aujourd’hui peuvent dire librement les choses parce que les enjeux sont passés, viennent attester l’existence réelle d’un professionnalisme déguisé. Fabien Galthié ne dit rien d’autre dans l’ouvrage déjà cité de Jean-Pierre Dorian et Thierry Magnol: «Avant, le rugby pouvait vivre caché. On parlait d’aide à l’insertion à l’époque. On te donnait un job, on aidait ta famille, le boucher-charcutier du coin te reconnaissait, t’aimait, te chérissait, et c’était le top […]. Après 1995, on a reçu des feuilles de salaire ! C’est à la fois dérisoire et essentiel.» (3)

Au fond, l995 et l’ouverture au professionnalisme n’ont fait que rendre plus claires et licites des pratiques qui, jusqu’ici, ne l’étaient pas. Les présidents de clubs se comportaient en petits patrons paternalistes en ayant sous leur coupe des joueurs peu enclins à discuter d’arrangements jamais couchés sur le papier par contrat et donc soumis à l’arbitraire des dirigeants. Ce type de fonctionnement, inlassablement décrit sous la version enchantée de la famille ou de la communauté intégratrices, avait donc pour conséquence d’assujettir sérieusement les rugbymen à l’ordre dirigeant. Alors que les clubs vivaient des prestations des joueurs, le paternalisme ambiant parvenait à renverser les choses en faisant croire que c’était le joueur qui était redevable de son club.  Ainsi un ancien international de cette période pouvait déclarer en parlant des dirigeants de son club qu’ «il leur doit beaucoup » et « que le rugby représente toute sa vie» (4): un bel exemple de dépendance et de servitude…

 

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(1) Cf. par exemple l’article du Monde du 8 septembre 2007 « Le rugby entre dans le sport business »
(2) Le Monde du 27 octobre 1999
(3) Dorian, J.-P. and Magnol, T. (2003), L'argent secret du rugby, Paris, Plon, pp. 47-49.
(4) Entretien du 26 septembre 1995

 

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Retrouver le premier épisode: La professionnalisation ou la rhétorique de la modernité

11/09/2007

Une question de perception

Mon rôle n'est pas de charger les arbitres de cette Coupe du monde, bien au contraire. Comme certains l'ont remarqué, il y a eu lors de France-Argentine beaucoup de combat au sol, et ce jeu-là n'est pas facile à arbitrer.  La simultanéité des soutiens et la défense debout rendent les mouvements difficiles à saisir. Quand une équipe subit, comme ce fut le cas des Italiens et des Japonais, les rucks sont évidents et le jeu continue, se ralentissant rarement. Et quoi qu'on en dise, la Fance a aussi subi contre les Pumas. Il est alors difficile de faire croire à l'arbitre que l'adversaire triche. Et on est plus enclin à surveiller une équipe qui ne produit pas de jeu.

On a aussi entendu que les Argentins partaient souvent avant le coup de pied lors des innombrables chandelles. Honnêtement, c'est difficilement identifiable et, comme souvent pour cette phase de jeu, l'on se rend compte avec des images arrêtées que ce que l'on croit percevoir en temps réel n'est finalement pas la réalité. Et il faut nous reconnaître la possibilité d'user du bénéfice du doute. Tout est question de perception.

Sur les accusations d'arbitrage à deux vitesses, selon que l'on soit une grande ou une petite nation de rugby, le point de vue est toujours aussi important. Si sur l'essai samoan refusé contre les Sudafricains, le faible semble défavorisé, le plaquage en cathédrale (les pieds par dessus la tête) de l'Américain sur l'Anglais Olly Barklay méritait un carton rouge. Il ne faut pas céder au procès d'intention et concevoir que d'une façon générale, le plus faible fait plus de faute. En outre, même à 90-0, un essai accordé au perdant en fermant les yeux sur une légère faute vous sera reproché et aura des conséquences sur la suite de votre compétition.

Sur les matchs de ce week-end, on ne peut que constater que le déséquilibre persiste entre deux rugby, celui des pros et celui des amateurs. Toutefois, on ne peut que se féliciter de l'envie de jouer des «petits» et du peu de pénalités et de fautes techniques sifflées. Si l'esprit me semble bon, le fossé se situe au niveau du physique. Les joueurs ne tiennent qu'une heure de jeu, avant de s'effondrer. Une conséquence aussi des nouvelles règles de décompte chronométrique, qui ont sensiblement fait augmenter le temps de jeu effectif.

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