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21/09/2007

Un peu d’optimisme dans ces chroniques de brutes

Le miracle même ! Devinez qui étaient dans les tribunes, pardon dans les fauteuils jeudi soir au théâtre de la Croix Rousse à Lyon, pour la troisième représentation de Vestiaires: Benoît Dauga et Olivier Merle… Vous imaginez, c’est comme si mes étiquettes paninis prenaient vie…deux icônes, deux idoles…descendues voir Vestiaires…

Déjà, les toucher à l’arrivée pour vérifier qu’on ne rêve pas…puis les laisser s’installer…au bord, bien sûr, pour étendre les cannes… Commencer à avoir peur car à eux on ne la fait pas. Mes vestiaires allaient être passés au crible…et mon «équipe» aussi…D’abord jeter un coup d’œil, sur ces deux spectateurs particuliers, de temps en temps, l’air de rien, aux moments clés du spectacle, la préparation du pack d’avants, la remise des maillots, le haka… pour épier les réactions. Souffrir de sentir les gars un peu en dessous au début… mais bien rattrapés…ouf… Entendre les rires…ça fait du bien. Et enfin quel bonheur de voir ce grand gaillard de la Merluche se lever pour une standing ovation à la fin du spectacle… Il était ému le bougre. Il a adoré les comédiens et il était admiratif de leur performance surtout quand il a su qu’aucun n’avait fait de rugby!

Et eux sur le plateau, quand ils ont vu cette masse leur faire face, je ne vous dis pas l’impression… Benoît, un peu plus réservé, m’a quand même fait un de ces compliments qu’on n’oublie pas, en pesant ses mots avec économie. La sentence est tombée : Juste, c’est juste ! Ce mélange de professionnalisme et d’amateur, c’est juste, très juste. Et pendant ce temps Olivier de raconter aux joueurs, pardons aux acteurs, électrisés, les 10 cm qui ont manqué pour que l’équipe de France soit championne du monde en 1995: le terrain complètement détrempé, le ballon aplati et enfoncé dans le sol…pfuit… Un grand moment de respect et de fraternité entre ces deux mondes. Vive la coupe du monde 2007!

 
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PS : et pour ceux qui doutent de ma légitimité à parler rugby, 1) mon père était international et il a été capitaine de cette équipe de 1954 du FCG championne de France, 2) j’ai joué au FCG pendant 20 ans, et même en nationale A, en troisième ligne, dans les années 70, face aux, Herrero, Le Droff, Estève et autres poids plumes… Avis: on peut parler rugby et faire du théâtre depuis 20 ans!

12/09/2007

Lire le Cid ou Horace plutôt que Guy Môquet

Quand je pense que vendredi dernier on a arrêté les répétitions de «Vestiaires» à 20h30 donc plus tôt pour suivre France –Argentine… et encourager les "petits" comme aurait dit Roger Couderc… Quelle erreur… Et oui les Pumas ont gagné. Logique. Ils avaient envie de jouer au ballon, eux, de s’amuser à faire tourner en bourrique les autres….eux, pas nous…Et puis si c’est vrai que Laporte a lu aux joueurs la lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet avant d’entrer sur le terrain…on peut penser que c’est normal… Cette lettre il l’a écrite juste avant d’être exécuté… Laporte aurait été bien inspiré de ne pas suivre l’exemple de son futur patron. Les recettes des "vainqueurs "sont tellement débiles… Et on voudrait nous faire croire que manager une équipe c’est comme entraîner un commando…Faire pleurer les gros en pensant au drapeau…Si c’est ça le rugby moderne, je rigole. Si c’est ça la société moderne, alors là, je ne rigole plus du tout !

Nous, par contre, on a bien commencé notre tournoi hier au théâtre de la Croix rousse à Lyon, le terrain était souple, le public derrière nous. Bref en 80 minutes c’était plié et on avait gagné. Il est vrai que moi, j’avais simplement rappelé à mes acteurs qu’il fallait se faire plaisir. Oublier la tension et les efforts fournis… Jouer, quoi! Pas aller à la guerre. Et puis même si beaucoup de nazis avaient pris la direction de l’Argentine, c’est quand même un peu insultant que de comparer l’équipe des Pumas aux militaires allemands! Voilà où mènent les amalgames simplistes d’une droite qui veut s’afficher sans complexe, mais qui n’affiche que son inculture et finalement sa barbarie (qui en est toujours le corollaire ne l’oublions jamais…): La vie est un combat, seul les vainqueurs ont droit de cité, l’autre est un ennemi potentiel qu’il faut renvoyer chez lui (ou dans ses 22), et en tout cas il faut se préparer à la guerre dans un monde impitoyable….

Faire monter la peur… Recette bien connue en politique… apparemment mal transposée en rugby, même professionnel.  Il est vrai que la peur, même si on fait semblant de l’oublier, induit bien souvent l’immobilisme et la panique…Un peu le jeu de cette drôle d’équipe de France finalement, non? Pour la suite, je suggère à Laporte, qui sans doute manque d’idées en la matière, de leur lire des passages du Cid, ou d’Horace, de Corneille, au moins les gars pourront rêver un peu avant d’entrer dans l’arène… cette obscure clarté qui tombe des étoiles… J’imagine déjà le Pelous essuyer sa larme... Mais je suis sûr qu’il va choisir Déroulède et son petit tambour… contre l’Irlande ça promet une sacrée gigue… Au fait le demi de bière à 7 euros avant les matches… ça ne vous donne pas des envies de flinguer les vainqueurs des tiroirs-caisses…

 

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03/09/2007

Ça commence mal

Chers amis, vu de Vestiaires, vous savez, la pièce de théâtre sur le rugby que nous avons créée avec Nino d'Introna, l'agitation de ces derniers jours dans les villes concernées me parait bien tardive. Pour prendre l'exemple de Marseille, dont un reportage de france info de ce jour parle, en regrettant à quel point la visibilité du rugby est faible dans la ville et que même certains commerçants comparent avec la folie de la coupe du monde de football, je rappellerai pour mémoire que nous avons contacté les «représentants de l'organisation de cette coupe à Marseille» (notamment la chambre de commerce et ses représentants désignés) à la fin de l'année dernière et que l'organisation d'une représentation au théâtre de la Criée (qui était d'accord et qui participait même financièrement à cet accueil) a échoué pour...une affaire de 5.000 euros! On croit rêver! Et on se rendra compte que toutes les manifestations culturelles se résumeront en fait à des troisième mi-temps arrosées, à des sites de bodégas pour vanter la culture vinicole française, à des écrans géants et à quelques expositions... Quelle tristesse et quelle pauvreté d'imagination! Pour ces organisateurs, finalement, l'équation est la suivante : supporters = future viande saôule et abrutie. Je pourrai tenir le même discours pour les villes de Montpellier, de Toulouse et de Paris (A Charlety, ce qui est un comble).

Et l'on parle de culture-rugby, et les spots télé reviennent sans arrêts sur ses valeurs...

Et bien, messieurs qui décidez, (nous n'avons rencontré aucune femme lors de nos pourparlers), sachez qu'il y a aussi des supporters et des supportrices qui vont venir dans vos villes, qui auront envie d'aller au théâtre et qui ne trouveront pas grand chose (les saisons n'ont pas repris), alors que vous aviez un spectacle tout public, tout fait, et un peu plus élaboré que la simple mise en gobelets plastiques de pinte de bière... Mais peu être que votre culture à vous est à cette hauteur en fait....alors restez-y. Et merci à Lyon (1) de sauver l'honneur, voila une ville qui mérite d'être une capitale de la culture, elle sait diversifier ses propositions, et ceux qui viendront aux matches auront aussi le choix des sorties...

A bientôt,

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(1) Théâtre de la Croix Rousse, du 11 au 16 septembre

 
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